Par J. P. Rédigé le 27/10/2019

Bien qu’il s’y était toujours refusé, le Premier ministre britannique Boris Johnson a été contraint de demander un nouveau report. Les ambassadeurs se réunissent lundi ou mardi, deux jours avant la date prévue de sortie du Royaume-Uni de l’UE. Seule certitude actuellement, le Brexit n’aura pas lieu le 31 octobre 2019.

Boris Johnson a appelé à des élections législatives anticipées, le 12 décembre 2019 © UK Parliament/Jessica Taylor/Handout via REUTERS

Le divorce entre le Royaume-Uni et l’UE connaît effectivement un nouveau rebondissement. Les Britanniques, qui se sont prononcés par référendum en juin 2016 pour une sortie de l’UE, devaient initialement en partir le 29 mars 2019, une date déjà repoussée à deux reprises – au 12 avril puis au 31 octobre.

Une course contre la montre rejetée

Mardi 22 octobre 2019, le gouvernement britannique a suspendu l’examen de l’accord du Brexit à la suite du rejet par le Parlement du calendrier d’approbation voulu par B. Johnson. En effet, les députés se sont prononcés contre l’examen accéléré du nouvel accord du Brexit – prévoyant une approbation de la loi d’application de l’accord d’ici à jeudi soir et un Brexit le 31 octobre, négocié la semaine dernière entre Londres et Bruxelles. B. Johnson a donc été contraint de demander un nouveau report.

Deux jours après, le Premier ministre britannique a appelé à des élections législatives anticipées, le 12 décembre 2019. Si le Parlement « veut plus de temps pour étudier » l’accord de Brexit qu’il a conclu avec Bruxelles, « [les députés] peuvent l’avoir mais ils doivent approuver des élections générales le 12 décembre », a-t-il déclaré à une semaine de la date prévue pour la sortie de l’UE. Ce scrutin doit encore recevoir le soutien de l’opposition travailliste.

Depuis le Fixed-Term Parliaments Act de 2011, il faut une majorité des deux tiers – sièges vacants inclus – pour déclencher ces élections. Autrement dit, sans l’assentiment de l’opposition travailliste, pas d’élections. Or, le chef de l’opposition, J. Corbyn pose une condition: il accepte la tenue d’élections anticipées au 12 décembre à condition d’être certain qu’à cette date le Royaume-Uni ne sera pas sorti de l’UE sans accord. Mais comment? Puisque le Labour ne ratifie pas l’accord de retrait… Indirectement, J. Corbyn demande donc aux Européens de différer le Brexit à la date incluse dans la loi Benn, à savoir le 31 janvier 2020.

Les 27 dans l’impasse

Mercredi 23 octobre 2019, les 27 pays membres de l’UE se sont mis d’accord pour un report du Brexit au-delà du 31 octobre, sans préciser toutefois sa durée. C’est la seule certitude qu’il en ressort, à l’issue de la réunion ce vendredi matin des représentants permanents à Bruxelles.

Effrayés par la perspective d’une sortie sans accord, la majorité des pays comme l’Irlande et l’Allemagne plaident pour un report de trois mois, au 31 janvier 2020. Seuls face aux autres États membres, E. Macron et son allié libéral, M. Rutte, Premier ministre des Pays-Bas demandent plus de clarté sur les intentions des Britanniques avant de se prononcer. Le Président français ne souhaite pas permettre aux Britanniques d’empiéter sur la Commission Von der Leyen, devant entrer en fonction au 1er décembre 2019. Ce report doit donc se décider à l’unanimité. Deux pays peuvent-ils s’imposer face aux 25 autres? La réponse est attendue en début de semaine prochaine.