Par J. P. Rédigé le 06/05/2019

Jacques Martineau est entré au conseil municipal de Putanges-Pont-Écrépin en 1976. Après 37 ans au sein de la municipalité dont 18 en tant que maire, il a démissionné en cours de mandat en décembre 2018.

Située dans le département de l’Orne, Putanges-Pont-Écrépin est une ancienne commune de 1.020 habitants, devenue commune nouvelle de Putanges-le-Lac en janvier 2016 suite au vote des membres des neuf communes la constituant. Depuis, elle rassemble 2.169 habitants.

Jacques Martineau, maire de Putanges-Pont-Écrépin puis maire délégué de Putanges-le-Lac de 2001 à 2018 © J. P.

Entrepreneur à Putanges-Pont-Écrépin, conseiller municipal de 1976 à 1989, il devient premier adjoint au maire en 1995. Chargé par les maires successifs du dossier SASIC, une entreprise de production de pièces détachées automobiles souhaitant s’installer à Falaise pour se développer, il parviendra à réunir les conditions nécessaires à son maintien sur le territoire putangeois. Élu maire en 2001, reconduit en 2008 ainsi qu’en 2014, il met pourtant un terme à ses fonctions en décembre dernier.

« Pendant un an, j’ai traîné les pieds »

Jacques Martineau ne s’était pas exprimé dans la presse depuis sa démission. Avec un ton désabusé, il retrace les évènements qui l’ont amené à prendre cette décision:

« Je ne pensais pas finir ma carrière ainsi. En effet, par manque de lucidité j’ai commis deux erreurs: être candidat à ma succession en 2014 et partisan de la commune nouvelle en 2016. Tout d’abord, j’avais l’intention d’arrêter sur un bilan positif en 2014 car les trois derniers grands projets que nous avions prévus, étaient réalisés: la restauration complète du collège, les constructions de la maison de retraite et du lotissement. Puis, en 2016, les avantages de la commune nouvelle semblaient être nombreux, notamment un budget plus conséquent et des subventions accordées pour son lancement, permettant un développement plus soutenu. Malheureusement, le budget n’a pas été à la hauteur, n’offrant alors que peu de perspectives », confie Jacques Martineau.

Au sein de la commune nouvelle de Putanges-le-Lac, désormais maire délégué, il demande à se saisir de la commission des finances mais c’est la gestion du personnel qui lui sera confié:

« Sans la responsabilité de la commission des finances, je ne pouvais plus rien faire! Vous ne pouvez pas être gestionnaire sans connaître le budget principal ainsi que ceux des communes déléguées. Je sais être opérationnel que si je connais parfaitement les dossiers. »

Homme d’action et gestionnaire par passion, il devient élu en 1976 afin d’œuvrer pour le développement de sa commune. Cette ambition ne le quittera jamais. Mais, la perte des compétences municipales au profit de la commune nouvelle paralyse sa volonté d’agir.

« Je gérais la mairie comme mon entreprise: avoir les fonds, à défaut, rechercher les financements pour investir et développer sans jamais prendre de risque pouvant nuire à l’équilibre du budget. Ainsi, pendant 16 ans, nous avons investi sans augmenter les impôts locaux. Mais, du jour au lendemain, l’essentiel de mon action – le budget, le commerce et l’entreprise – a disparu. Alors, pendant un an, j’ai traîné les pieds… En effet, je ne parvenais plus à jouer un rôle qui n’était pas le mien, je n’étais plus concerné et la confiance avait disparu, la démission s’est alors avérée la meilleure solution. »

« La commune me semble stagner: 2020 m’inquiète »

Putanges-Pont-Écrépin dispose d’un bassin d’emploi dynamique de 450 emplois pour 1.020 habitants. Les principaux employeurs sont plusieurs grandes entreprises ainsi que de nombreux commerces de proximités. Mais, inexorablement, un vieillissement de la population progresse.

« Nous avons construit le lotissement, dans l’objectif d’attirer des jeunes couples et des familles, afin de permettre le maintien de nos écoles et le rajeunissement de la population. Malheureusement, le prix des terrains ainsi que les impôts élevés n’ont pas apportés ce que la commune attendait. Aujourd’hui, le constat est accablant: tous les ans, nous perdons des élèves et risquons la fermeture de certaines classes comme dans beaucoup de communes en France chaque année. La commune me semble stagner: 2020 m’inquiète. »

Jacques Martineau en appel à la responsabilité des futurs élus afin de reprendre le flambeau et sortir de cette situation stationnaire car, il en est persuadé, sa commune de cœur a beaucoup d’atouts à défendre.